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 Quand sonnent les cloches…

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Camosine



Nombre de messages : 7
Date d'inscription : 30/05/2006

MessageSujet: Quand sonnent les cloches…   Mer 23 Jan - 13:53

Le dimanche 2 septembre 2007, par une belle journée ensoleillée, l’ancienne église de Corbelin a vécu un moment important : la bénédiction de ses deux nouvelles cloches, nées il y a quelques mois à Saint-Jean-de-Braye dans l’atelier de Dominique Bollée !

Devant une foule nombreuse (environ 400 personnes), Monseigneur Francis Deniau, Evêque de Nevers, accompagné de l’Abbé Sauvant, a célébré solennellement le baptême de :

- Camille Marie Elisabeth : 1ère cloche de 100 kg pour 53 cm de haut
- et Eloi Marie Gabriel : seconde cloche de 150 kg et 60cm

La célébration a été précédée d’un moment musical, donné par le Chœur Grégorien Nivernais Ad Quantum, très apprécié du public.

A cette occasion, le président de la CAMOSINE, Jean-Pierre Harris, s’est adressé à l’ensemble des personnes présentes, en ces termes :


Monseigneur, Monsieur le Maire, Monsieur le Président de l’Aiguillon, Madame le Directeur des Archives, Chers Amis de la Camosine et d’ailleurs,

Le clocher du village joue encore un rôle de nos jours dans la conscience collective qui lui donne le statut de monument à part, mais surtout dans l’inconscient collectif, car il conserve sa dignité symbolique de marqueur des événements essentiels à une vie d’homme.

Ce mot clocher nous vient du bas latin, Clocca, ce qui est classique, mais sa racine est celtique. La France rurale, même au XIXe siècle revivait l’instant de l’Angelus, tel que Millet l’a saisi sur le vif.

Angelus domine annunciavit Maria et concepit de spirito sancto…
Nos cloches le sonneront par trois fois chaque jour, selon l’usage.

Le poète Lamartine dans sa vallée de Milly l’écoute : "on entend l’Angelus triste et d’un saint bruit convoquer les esprits qui bénissent la nuit"

Mais c’est bien la cloche qui fait vivre d’abord la pierre avant d’envahir l’espace par à-coups, on doit cette tradition à saint Paulin de Nole, évêque de Nole en Italie, au IVe siècle qui en établit l’usage chrétien.

C’était un lettré comme son ami saint Augustin.

Certes nous sommes bien loin de cette époque où le son de la cloche martelait les étapes de la vie quotidienne et la solidarité des fidèles, c’est imminence et l’éminence de la foi qui faisaient vibrer à l’unisson. Parfois même les cloches se parlaient et se répondaient de vallées à vallées.

La verticalité du clocher est une flèche de pierre en prière, un index d’espérance, fonction géographique aussi pour le pèlerin ou le voyageur lorsqu’il pointait à l’horizon.

Mais cette verticalité, comme le souligne Bachelard, incarne, à l’échelle humaine, la rêverie et la volonté, cette "rêverie qui poétise le rêveur" et plus encore l’audace maîtrisée des engagements et des projets qui nous occupent.

Ils suscite même cet instantané délicat d’Alfred de Musset sur l’autre rive de la Loire qui se rendait à Nohan :

"C’était dans la nuit brune
sur le clocher jauni,
la lune
comme un point sur un "i" (première poésie)

Les récoltes suivaient encore le rythme battu par les cloches, il fallait donner son temps au temps, du labour, aux semences, aux moissons, et même aux pieuses rogations et toutes les grandes fêtes. Les cloches se déchaînaient parfois, elles carillonnaient pour les baptêmes, les mariages, mais s’attristaient en égrenant les glas lors de la disparition d’un des fidèles de la paroisse.

N’entraient-elles pas aussi dans l’histoire avec le troublant tocsin qui marquait les catastrophes climatiques ou accidentelles et même les guerres qui se déclaraient, ou le décès du souverain.

La télévision ou les média ne peuvent remplacer la cloche car ils n’ont pas d’âme, ils ne créent pas une vraie solidarité, donnons à Notre-Dame de Septembre de Corbelin ce pouvoir oublié, si nécessaire à une vraie vie intérieure.

Revenons à ces instants bénis de joie, comme Marie Noël, notre poète voisine d’Auxerre,

"Noël ! Noël !
Des clochetons
Noël ! Noël !
Tous les bourdons
sautent au cœur jusqu’à la lune
Noël ! Noël !
Il neige donc
Noël ! Noël !
Des anges flous
Emmitouflés dans la nuit brune
Sonne, sonne, sonne, allez donc
Mes belles cloches, dig, ding, dong"

C’est extrait de son ouvrage "les chansons et les heures", parfois un peu triste. C’est intitulé "maison de décembre, conte de nourrice pour amuser le temps".

Ne serait-il pas bienvenu et salutaire, au plein sens du terme, Monseigneur, de prévoir le jour anniversaire de la résurrection des cloches de Corbelin, le 2 septembre, une messe chantée pour le patrimoine religieux et son entretien, carillonné bien sûr ? Notre-Dame de Septembre de Corbelin serait alors un centre de foi et de charité.

Il m’appartient encore :

- de rendre grâce au maître fondeur et aux siens qui ont réalisé ces deux merveilles, de nous unir par la prière du donateur, avec la Camosine, en particulier, Monsieur et Madame Peigney tout proches, aux parrains et marraines dont le nom est gravé dans le bronze et je suis très fier d’y compter ma fille Audrey,

- de remercier Monsieur le Maire et son Conseil Municipal, ainsi que les habitants de la commune pour leur bienveillant accueil,

- d’exprimer et je le fais si souvent notre gratitude très vive à Fabrice Cario qui a été l’initiateur et l’acteur inspiré de cette difficile et heureuse entreprise, Que notre respectueuse déférence accompagne, enfin, Monseigneur Francis Deniau, notre évêque qui a apporté à ce moment unique son caractère sacré, celui dont il est dépositaire, au bord du Sauzay, dans cette campagne du Haut Nivernais.



Monseigneur Deniau a ensuite invité les participants à s’approcher des cloches pour les faire tinter… Ainsi, Camille Marie Elisabeth a fait résonné la note FA, tandis qu’Eloi Marie Gabriel emplissait l’église de son MI BEMOL !


L’opération menée par la CAMOSINE, Agnès et Gilles Peigney, en collaboration avec la commune de La Chapelle Saint-André, est réussie : d’ici quelque temps et comme il se doit, les deux cloches trouveront leur place dans le clocher resté muet depuis de nombreuses années.
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